ublié le 06/08/2013 à 06h00
Par Thomas ortet

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Le docteur d’Artagnan

Anesthésiste à Hambourg, Thomas Samek voue un culte à d’Artagnan et l’interprète au quotidien

Thomas Samek mène ses propres recherches sur l’histoire de d’Artagnan en se procurant des documents d’époque.

Thomas Samek mène ses propres recherches sur l’histoire de d’Artagnan en se procurant des documents d’époque. (Photo Michel Amat)

Si un jour vous êtes de passage en Allemagne, que vous tombez malade et qu’à votre arrivée à l’hôpital vous êtes soigné(e) par un médecin se prenant pour d’Artagnan, ne prenez pas vos jambes à votre cou. C’est simplement que Thomas Samek s’occupe de vous.

Médecin anesthésiste depuis plus de trente ans, il incarne depuis une dizaine d’années le célèbre mousquetaire. « Ça a commencé par une journée carnaval à l’hôpital où chacun devait se déguiser », se souvient-il. « J’ai pris le rôle de d’Artagnan, et j’ai eu beaucoup de réactions positives. »

Comme chez lui à Lupiac

Cet ancien militaire commence alors à se laisser pousser les cheveux et la moustache, jusqu’à devenir le sosie de d’Artagnan. Un rôle qu’il n’a plus quitté depuis et qu’il endosse même au travail. « À l’hôpital, je joue le rôle de d’Artagnan. Je dis aux patients que je suis là pour les protéger contre les chirurgiens et les autres membres du corps médical », s’amuse-t-il. « Ça sécurise les patients, car ça leur permet de se détendre. Mes collègues me trouvaient bizarre au début, mais maintenant ils ont compris que j’obtenais de bons résultats en d’Artagnan. »

Du simple rôle, c’est devenu un véritable style de vie. « Aujourd’hui, quand je dois faire face à une décision importante, je me demande comment d’Artagnan aurait agi à ma place », confie-t-il. Une admiration qui a poussé Thomas à suivre les traces de son héros.

C’est ainsi que, il y a trois ans, il s’est retrouvé à Lupiac. « Je suis arrivé à 3 heures du matin sur la place principale, il n’y avait personne », raconte-t-il. « Mon cœur battait fort, pour moi, c’était un moment fantastique d’arriver ici. »

Collection d’objets rares

Thomas a immédiatement visité le musée d’Artagnan. Le maire du village, Yves Rispat, lui a aussi ouvert les portes du château de Castelmore, lieu de naissance de d’Artagnan.

Ce premier voyage a marqué profondément Thomas. « Je rêve vraiment de venir m’installer à Lupiac, mais pour l’instant j’ai une famille et un travail en Allemagne, donc ce n’est pas possible », explique-t-il.

Sa passion, il continue donc de la vivre à travers sa ressemblance, mais aussi en collectionnant des objets en rapport avec d’Artagnan. Épées d’époque, documents officiels, tout ce qui se rapporte à d’Artagnan l’intéresse. C’est ainsi qu’il a offert au musée d’Artagnan un exemplaire original daté de 1700 des « Mémoires de M. d’Artagnan », par Gatien de Courtilz de Sandras. Une pièce rarissime qu’il a trouvée sur Internet.

Présent à Lupiac depuis le début de juillet, Thomas va rester tout l’été dans le Gers. Il incarnera le célèbre mousquetaire le 11 août lors du Festival d’Artagnan. Son rêve serait d’ouvrir une auberge de mousquetaires à Lupiac, où tout se déroulerait comme au XVIIe siècle. « Il y aurait des duels à l’épée, les clients vivraient comme à l’époque. » Et ils auraient le privilège de compter parmi eux le plus original des médecins.

Car Thomas Samek ne compte évidemment pas rendre l’habit de mousquetaire. « Je veux continuer à être d’Artagnan toute ma vie », annonce-t-il. « C’est ça, ma réalité. L’autre monde, fait de politique et de guerres, est trop bizarre pour moi. »