mnemos-icares014-2007

À propos des Gardes Phénix, Steven Brust aurait déclaré : « C'est mon hommage personnel à Alexandre Dumas, un de mes auteurs favoris. Une relecture flagrante des Trois Mousquetaires. Au début, je ne pensais pas publier cette histoire. Je l'ai écrite par pur plaisir — j'ai gloussé tout du long. Personne n'étais plus surpris que moi que le roman non seulement soit publié, mais qu'un aussi grand nombre de personnes l'aient aimé... »
     Suite à cet aveu, on comprendra parfaitement les impressions ressenties à la lecture de ce roman : derrière l'hommage direct et la « relecture flagrante » aux Trois Mousquetaires, on ressent tout le plaisir qu'a eu l'auteur à adapter ces aventures de cape et d'épées dans l'univers de son Empire Dragaeran, où se déroule également la série des Vlad Taltos. Il en résulte un roman enjouée, sans prétention ni originalité — évidemment — mais avec une bonne humeur communicative et un rythme soutenu.
     Le connaisseur s'amusera sans nul doute à établir des parallèles entre les deux œuvres, tandis que quiconque n'a pas lu Dumas n'aura aucune peine à se laisser emporter par ce flot d'aventures avec le même enthousiasme que celui suscité par le grand maître chez des générations de lecteurs.
     Certes, ceux qui ont apprécié les précédents livres de Steven Brust regretteront peut-être l'absence du personnage de Vlad Taltos et celle de son facétieux Jhereg, ainsi que les intrigues plus originales des premiers tomes parus chez Mnémos. Néanmoins, voilà une honnête occasion de se distraire avec un roman dynamique qui, sans être essentiel, réussit son hommage là où un autre auteur, moins talentueux ou moins lucide, n'aurait offert qu'un démarquage sans panache ni relief.