Un peu de poésie pour ce début d'année: Le Sonnet et l’Épée

Henri de Régnier, de l’Académie française, poème, dans 1635-1935. Trois siècles de l’Académie française par les Quarante, 1935. 8° NS 20 675 Usuel.
« Le Sonnet fait penser à quelque belle Épée
Dont s’offre la poignée à la main pour appui,
Et dont la lame sans défaut s’effile et luit,
Flexible, étincelante et finement trempée.

Comme elle, qui naquit de l’enclume frappée,
Le Sonnet, héroïque et courtois, mêle en lui,
Dans le métal sonore où le mot chante et bruit,
Aux soupirs de l’amour un écho d’épopée.

Il est arme ou joyau. D’entre ses deux quatrains
Où l’idée est enclose aux huit alexandrins
Son tercet redoublé sur trois rimes s’élance,

Tel que, hors du fourreau, la lame resplendit,
Et, de son dernier vers où le sens se condense,
Enfonce, en l’y laissant, la pointe dans l’esprit. »