D'Artagnan statufié à Lupiac

Publié le 09/09/2013 à 08:06

patrimoine

Daphné du Barry (en médaillon) va réaliser en bronze la statue de d'Artagnan à cheval offerte à Lupiac./Photo DR.

Daphné du Barry (en médaillon) va réaliser en bronze la statue de d'Artagnan à cheval offerte à Lupiac./Photo DR.

Enfant de Lupiac, où il vit le jour vers 1615, le célébrissime mousquetaire n’y a toujours pas statue. Mais grâce à un mécène qui apporte 250.000€, c’est un d’Artagnan à cheval qui va être sculpté en bronze.

Lupiac aura sa statue de d’Artagnan. D’Artagnan sur son cheval qui plus est, ce qui la distinguera de toutes les autres dont celle qui trône sur l’escalier monumental d’Auch depuis 1935. Lupiac et la statue de son célébrissime «fils» ou l’histoire d’une longue attente… En 1912, déjà, la réalisation de ce projet paraissait «imminente», si l’on en croit les nombreux journaux consultés par Odile Bordaz. Grande spécialiste du plus célèbre des mousquetaires, l’historienne évoque la campagne de presse mondiale que déclencha alors la biographie de d’Artagnan écrite par le jeune chartriste gascon Charles Samaran. En confirmant l’existence historique du capitaine des mousquetaires de Louis XIV, l’auteur révélait au monde que d’Artagnan n’était pas qu’un héros de roman, né de l’imagination d’Alexandre Dumas. Apprenant cela, il était «évident» pour les journalistes d’alors que le natif de Lupiac aurait «rapidement» dans son village une statue à la dimension de son aura mondiale. Mais divers aléas, dont la guerre de 14-18, changèrent la donne. Tellement que, cent ans plus tard, Lupiac attend toujours. «Mais plus pour longtemps», assure Véronique Thieux-Louit. A l’origine, avec Marjorie Laborde, du festival d’Artagnan qui vient de se dérouler courant août pour la deuxième fois et très impliquée dans la vie de son village, elle se réjouit avec tant et tant d’autres Lupiacais, dont Régis Meyer, qu’un «mécène gascon et gersois» ait dit banco. Soucieux à cette heure de rester anonyme, il a versé les 250.000€ qui vont permettre «au rêve de se réaliser». Déjà, dans son atelier italien, la sculptrice gersoise Daphné du Barry s’est mise à la tâche. Avant de réaliser en bronze cette statue monumentale de 3,55m de haut, elle en peaufine la maquette en plâtre. «En partenariat avec la municipalité, nous ferons en sorte que cette statue, qui sera achevée en 2015, soit mise en valeur sur la place de notre village, à la hauteur du talent de l’artiste et de l’effort financier qu’elle a demandé», affirme Régis Meyer, le président de l’association d’Artagnan chez d’Artagnan. Avec son musée d’Artagnan, avec son festival d’Artagnan et, bientôt donc, avec la plus belle statue de d’Artagnan, son village natal sera «à jour» pour être, en toute logique, la ville de départ de la route européenne d’Artagnan. Inaugurée en 2015, elle reliera Lupiac, où il est né, à Maastricht (Pays-Bas), où il a succombé. Maastricht qui, lors d’un de ses festivals d’Artagnan, a inauguré, le 22 juin 2003, une statue de belle facture à son honneur. L’œuvre est du sculpteur russe Alexander Taratynov. Mais, là encore, d’Artagnan, «le capitaine-lieutenant de la première compagnie des mousquetaires à cheval de la garde du roy, qui était son titre officiel», souligne Odile Bordaz, n’y est pas à cheval. Un «oubli» que la statue de Lupiac va bientôt gommer.


Pardonné

Combien existe-t-il de statues de d’Artagnan ? Une à Paris, depuis 1883. Une à Plessis-Robinson, une à Artagnan (Hautes-Pyrénées), celle d’Auch, celle de l’université Xavier-de-Cincinnati dans l’Ohio (USA). D’autres sans doute, mais aucune ne le représente à cheval. A Maastricht où il fut tué le 25 juin 1673, il a été… pardonné, puisqu’on en trouve trois, relève Odile Bordaz. L’une inaugurée en 1954, l’autre en 1973 et la dernière, et la plus représentative, en 2003.